
La fidélisation des bénévoles ne se résume pas à des soirées de remerciement, mais à la construction d’un projet de club où chacun trouve une place qui a du sens.
- Les valeurs et la vision du club priment sur les résultats sportifs pour créer un sentiment d’appartenance durable.
- La valorisation de chaque mission, qu’elle soit stratégique ou logistique, est plus efficace que la course aux primes pour attirer et retenir les talents.
Recommandation : Pensez « architecture de l’engagement » plutôt que « gestion des ressources » pour bâtir un club pérenne et profondément ancré dans son territoire.
Chaque président de club amateur le sait et le vit au quotidien : sans bénévoles, pas de maillots propres, pas de buvette pour la troisième mi-temps, pas de jeunes sur le terrain le samedi et, finalement, pas de match le dimanche. Les bénévoles sont l’oxygène du rugby des territoires. Pourtant, la question de leur fidélisation reste un défi constant, souvent abordé avec des solutions de surface. On pense qu’il suffit d’organiser un pot d’accueil, une soirée annuelle ou d’offrir un polo siglé pour retenir ces forces vives.
Ces attentions sont importantes, mais elles ne suffisent plus. Elles traitent le symptôme – le besoin de reconnaissance – sans s’attaquer à la racine du problème : le besoin de sens. Et si la véritable clé n’était pas dans la gratitude ponctuelle, mais dans l’architecture d’un projet de club cohérent ? Un projet qui transforme l’engagement bénévole d’une simple « aide » à un véritable investissement personnel dans une aventure collective. Un projet où chaque mission, de la trésorerie à la préparation des goûters, est perçue comme un maillon essentiel de la réussite commune.
Cet article propose une approche visionnaire pour les dirigeants de clubs. Nous allons dépasser les idées reçues pour explorer comment bâtir une structure d’engagement durable. De la mobilisation des seniors à la juste place des valeurs, en passant par des modèles de financement intelligents et l’équilibre de vie des engagés, nous verrons comment faire de votre club un écosystème où les bénévoles ne viennent pas seulement aider, mais s’épanouir.
Pour naviguer à travers cette vision stratégique, cet article est structuré en plusieurs axes clés. Chaque section aborde une facette essentielle de la construction d’un bénévolat solide et pérenne, vous offrant des réflexions et des outils concrets pour transformer votre club.
Sommaire : Les piliers d’un bénévolat durable dans le rugby amateur
- Affiches ou réseaux sociaux : quelle méthode attire vraiment les seniors en club ?
- Boulangerie ou supermarché : qui finance les maillots en milieu rural ?
- Pourquoi les valeurs du club sont plus importantes que les résultats pour la survie ?
- L’erreur de payer des joueurs en fédérale 3 qui coule le budget
- Quand lancer le tournoi de l’école de rugby pour maximiser la buvette ?
- Comment la RFU génère-t-elle 2 fois plus de revenus que les autres fédérations ?
- Quand lancer la campagne de recrutement pour avoir une équipe complète en septembre ?
- Comment concilier vie de famille, travail et entraînements en série territoriale ?
Affiches ou réseaux sociaux : quelle méthode attire vraiment les seniors en club ?
La mobilisation des seniors est souvent perçue à travers le prisme de méthodes de communication datées, comme l’affiche au club-house. Si ces canaux ont leur importance, la véritable question n’est pas le « comment » mais le « pourquoi ». Les seniors ne cherchent pas une occupation, mais la continuité d’une passion et un rôle de transmission. Pour les attirer, il faut leur proposer des missions qui valorisent leur expérience de vie et leur sagesse, bien au-delà de la simple logistique. L’enjeu est de transformer leur vécu en un atout stratégique pour le club, un véritable « capital humain territorial ».
Penser en termes de postes à responsabilités est une première étape. Des rôles comme « Ambassadeur du patrimoine du club », « Conseiller éthique » ou « Référent intergénérationnel » donnent une dimension statutaire et pleine de sens à leur engagement. L’approche du Rugby Club Vannes est éclairante : le club ne propose pas des tâches, mais une « aventure humaine collective ». En offrant des domaines d’engagement variés, de l’encadrement à la logistique, il permet à chaque bénévole de trouver une place alignée avec ses compétences et ses envies, favorisant une collaboration harmonieuse entre toutes les générations.
Plutôt que de lancer un appel général, une stratégie efficace consiste à créer des points de rencontre dédiés, comme des « cafés des anciens ». Ces moments de convivialité sont le terreau idéal pour que des discussions informelles débouchent sur un engagement naturel, basé sur le volontariat et le désir de contribuer. La clé est de ne pas « recruter » des seniors, mais de leur donner l’envie de rejoindre un projet qui les respecte et reconnaît leur valeur unique.
Boulangerie ou supermarché : qui finance les maillots en milieu rural ?
En milieu rural, le financement du club de rugby est une incarnation de son ancrage local. La question de savoir qui sponsorise les maillots n’est pas seulement budgétaire, elle est stratégique. Faut-il privilégier le chèque plus conséquent du supermarché ou la relation de proximité avec la boulangerie du village ? La réponse réside dans la construction d’un écosystème de partenaires plutôt que dans une simple chasse aux sponsors. Chaque partenaire, quelle que soit sa taille, contribue à tisser le maillage social et économique qui fait la force du club.
Le partenariat avec un commerce de proximité comme une boulangerie offre un ancrage local puissant. La relation est quotidienne, visible et humaine. Une activation intelligente, comme la création d’une « Baguette du Rugby », transforme ce soutien en une histoire partagée avec toute la communauté. Le supermarché local, quant à lui, apporte une visibilité et un budget supérieurs, qui peuvent être activés par des stands lors des journées portes ouvertes ou des opérations en magasin. L’idéal est de ne pas choisir, mais de combiner ces approches pour diversifier les sources de revenus et renforcer les liens.
Cette vision du partenariat local est d’autant plus cruciale qu’elle s’inscrit dans un modèle de solidarité plus large. Le rugby professionnel soutient activement la base formatrice. Pour preuve, la Ligue Nationale de Rugby a distribué plus de 871 166 € à 384 clubs amateurs formateurs rien que pour la saison 2023-2024. Ce flux financier montre que chaque club local fait partie d’une chaîne de valeur globale.

Finalement, le succès ne vient pas d’un seul gros partenaire, mais d’un réseau solide et diversifié. Organiser des soirées networking au club-house pour un cercle d’entrepreneurs locaux peut créer des synergies inattendues et démultiplier les soutiens. Chaque poignée de main, chaque logo sur un maillot, est une brique de plus dans l’édifice de la pérennité du club.
Comparaison des stratégies de partenariat local
Pour mieux visualiser les options, ce tableau synthétise les avantages et les types d’activation possibles pour différents partenaires locaux. Il est un outil d’aide à la décision pour bâtir une stratégie de sponsoring équilibrée et efficace.
| Type de partenaire | Avantages | Activation suggérée |
|---|---|---|
| Commerce de proximité (boulangerie) | Ancrage local fort, relation quotidienne | Création produit co-brandé ‘Baguette du Rugby’ |
| Supermarché local | Budget plus important, visibilité élargie | Animation stand lors des journées portes ouvertes |
| Cercle d’entrepreneurs locaux | Réseau étendu, synergies multiples | Soirées networking exclusives au club-house |
Pourquoi les valeurs du club sont plus importantes que les résultats pour la survie ?
Dans la course effrénée aux résultats sportifs, de nombreux clubs amateurs perdent de vue leur atout le plus précieux : leurs valeurs. La solidarité, le respect, l’engagement et la convivialité ne sont pas de simples mots à afficher sur une plaquette. Ils sont le ciment qui lie la communauté du club et la principale raison pour laquelle les bénévoles donnent de leur temps, semaine après semaine. Une montée en division est éphémère, mais un socle de valeurs solides est le garant de la survie à long terme du club.
Comme le souligne Joël Tomakplekonou, élu en charge de la valorisation du bénévolat à la FFR, cette culture est un véritable rempart contre l’érosion de l’engagement :
Aujourd’hui, on a la chance, grâce aux valeurs qu’on porte dans le rugby, de conserver un socle important de bénévoles.
– Joël Tomakplekonou, Élu en charge de la valorisation du bénévolat à la FFR
Lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, ce sont ces valeurs partagées qui maintiennent la cohésion et la motivation. Un bénévole s’investit pour un projet humain, pas seulement pour un tableau de score. Un club qui sacrifie son ambiance ou son éthique pour une victoire à court terme scie la branche sur laquelle il est assis. La véritable victoire d’un président de club est de voir les bénévoles fiers non seulement des victoires, mais de la manière dont le club se comporte, sur et en dehors du terrain.
Le défi est de faire vivre ces valeurs au quotidien, de les « opérationnaliser ». Elles doivent devenir un outil de prise de décision concret. Par exemple, lors d’un arbitrage budgétaire, un club fidèle à ses valeurs privilégiera l’investissement dans la formation des jeunes plutôt qu’une prime exceptionnelle pour un joueur. C’est cet alignement entre le discours et les actes qui bâtit la confiance et fidélise en profondeur.
Votre plan d’action : rendre les valeurs du club concrètes
- Rédiger une charte vivante : Élaborez une charte qui ne soit pas un document oublié, mais un guide pour les décisions clés (ex: arbitrage budget joueur vs formation).
- Instaurer des rituels : Créez des traditions qui incarnent vos valeurs, comme une haie d’honneur pour les bénévoles avant les matchs ou un trophée du coéquipier basé sur l’entraide.
- Recruter par les valeurs : Intégrez l’alignement avec les valeurs du club comme un critère essentiel lors du recrutement de nouveaux bénévoles ou éducateurs.
- Animer les valeurs : Mettez en place un « briefing des valeurs » systématique avant les matchs importants pour rappeler ce qui unit l’équipe au-delà du jeu.
- Démocratiser les choix : Impliquez les bénévoles dans les décisions stratégiques en leur faisant voter sur l’allocation d’une partie du budget d’investissement, renforçant leur sentiment d’appartenance.
L’erreur de payer des joueurs en fédérale 3 qui coule le budget
C’est une tentation classique pour un club ambitieux en série fédérale : dédommager, voire payer, quelques joueurs clés pour sécuriser des résultats. Si l’intention est louable, cette stratégie est souvent une erreur fondamentale qui peut miner les finances et, plus grave encore, l’esprit du club. Le rugby amateur repose sur un modèle économique fragile, dont la pierre angulaire est le bénévolat. Allouer une part significative du budget à quelques individus crée un déséquilibre dangereux et envoie un message délétère à la centaine de bénévoles qui œuvrent gratuitement.
Le poids du bénévolat dans l’économie associative est colossal. Les associations françaises fonctionnent grâce à l’engagement de millions de personnes, représentant une force de travail considérable. Selon l’INSEE, le bénévolat formel dans les associations représente l’équivalent de 580 000 emplois en équivalent temps plein. Ignorer cette contribution massive pour favoriser une poignée de joueurs est non seulement ingrat, mais économiquement irresponsable. L’argent investi dans les primes est de l’argent qui n’ira pas dans les infrastructures, la formation des jeunes ou l’équipement, bénéficiant à l’ensemble du club.
Payer des joueurs instaure une culture à deux vitesses : ceux qui sont payés pour jouer et ceux qui paient (de leur temps et de leur énergie) pour que les autres puissent jouer. Cela érode la notion de projet collectif et peut décourager les bénévoles les plus engagés. Pourquoi passer des heures à tenir la buvette si les bénéfices servent à financer le « salaire » d’un joueur plutôt que le prochain déplacement des cadets ? La frustration et le sentiment d’injustice sont les plus sûrs chemins vers la démotivation.
Heureusement, il existe des alternatives créatives pour attirer et fidéliser des joueurs de talent sans recourir à des paiements directs. La clé est d’investir dans le joueur en tant que personne, et non en tant que simple athlète. Proposer une aide à l’emploi via le réseau des partenaires du club, financer une formation professionnelle ou offrir des contreparties non monétaires (accès à des formations, coaching…) sont des investissements bien plus durables et alignés avec les valeurs du rugby. On ne paie pas un joueur, on investit dans son avenir, ce qui renforce son attachement au club d’une manière bien plus profonde qu’une simple prime de match.
Quand lancer le tournoi de l’école de rugby pour maximiser la buvette ?
Le tournoi de l’école de rugby est bien plus qu’une simple journée sportive. C’est le point d’orgue de la vie du club, un moment de communion entre toutes les générations et, ne l’oublions pas, une source de revenus essentielle, notamment grâce à la buvette. La question du « quand » est importante – souvent au printemps pour bénéficier d’une météo clémente – mais la véritable clé du succès réside dans le « comment ». Une organisation millimétrée, reposant sur une mobilisation intelligente des bénévoles, est ce qui transformera l’événement en une réussite financière et humaine.
Le succès d’un tournoi repose sur la responsabilisation. L’approche la plus efficace consiste à créer des équipes bénévoles dédiées à des secteurs spécifiques : accueil, arbitrage, sécurité, animation, et bien sûr, la buvette. Chaque responsable de pôle doit connaître sa mission sur le bout des doigts et disposer d’un planning clair. Cette structure permet d’éviter le chaos et de garantir une expérience fluide pour les milliers de visiteurs. L’ampleur de la force bénévole est considérable, à l’image des plus de 100 000 bénévoles dans les clubs sportifs rien que dans la région Pays de la Loire.
Pour maximiser l’engagement sans épuiser les bonnes volontés, il faut rendre le bénévolat accessible. Le concept de « micro-bénévolat » est ici fondamental. Proposer des créneaux d’une heure ou deux à la buvette, au stand de crêpes ou au barbecue permet à un maximum de parents et de membres du club de contribuer. Beaucoup de gens sont prêts à aider, mais sont intimidés par l’idée de devoir consacrer leur journée entière. En découpant les tâches, on abaisse la barrière à l’entrée et on favorise une participation massive et joyeuse.

La réussite de la buvette, et donc du tournoi, est le reflet direct de cette organisation humaine. Plus les bénévoles sont nombreux, bien répartis et heureux d’être là, plus le service sera rapide, plus les sourires seront présents et plus les recettes grimperont. La clé n’est pas tant la date sur le calendrier que la qualité de l’architecture de l’engagement mise en place des semaines en amont.
Comment la RFU génère-t-elle 2 fois plus de revenus que les autres fédérations ?
Comparer un club amateur à la puissante fédération anglaise de rugby (RFU) peut sembler démesuré, mais l’esprit qui guide sa réussite économique est parfaitement transposable. Le secret du modèle anglo-saxon n’est pas seulement dans les droits TV, mais dans une diversification agressive et créative des sources de revenus. Au lieu de dépendre uniquement des licences et des subventions, ces structures pensent comme des marques, exploitant chaque actif pour générer de la valeur. Pour un club amateur, s’inspirer de cette mentalité est la clé pour atteindre une plus grande autonomie financière.
L’idée fondamentale est de ne plus voir le club-house comme un simple lieu de vie, mais comme un actif commercialisable. Proposer la location des espaces pour des séminaires d’entreprise ou des événements privés est une première étape évidente. Mais on peut aller plus loin en organisant des stages de « cohésion d’équipe » pour les PME locales, basés sur les valeurs du rugby. Le club ne vend plus seulement un espace, mais une expérience et une culture.
De même, la base de supporters et la diaspora du club sont un capital inexploité. Lancer une ligne de produits dérivés « vintage » vendus en ligne permet de toucher les anciens joueurs et les fans expatriés. Créer un programme de « membre bienfaiteur » digital, sur le modèle de plateformes comme Patreon, offre une nouvelle voie pour collecter des dons réguliers en échange de contreparties exclusives (newsletter premium, accès à des vidéos, etc.). Cette solidarité financière est vitale, comme en témoigne la contribution de près de 29,7 millions d’euros versés par la LNR au secteur fédéral entre 2022 et 2027.
Cette « économie de la reconnaissance » s’applique aussi aux bénévoles. Mettre en place des formations (comptabilité, gestion de projet, premiers secours) financées par le club n’est pas une dépense, mais un investissement. Le bénévole acquiert des compétences valorisables dans sa vie professionnelle, ce qui renforce son attachement et sa loyauté envers le club. Le club devient alors un lieu de développement personnel, une raison de plus de s’engager sur le long terme.
Quand lancer la campagne de recrutement pour avoir une équipe complète en septembre ?
Avoir une équipe complète à la rentrée ne dépend pas seulement du recrutement des joueurs, mais aussi de celui des bénévoles qui les encadrent. La question n’est donc pas seulement « quand recruter ? », mais « comment mener une campagne coordonnée qui attire à la fois les talents sur le terrain et en coulisses ? ». Une campagne de recrutement réussie est celle qui ne démarre pas en août, mais qui se planifie dès le printemps, en pensant le club comme un projet familial et global.
Le timing optimal est une séquence logique qui monte en puissance. Dès mai-juin, il faut lancer une campagne « famille » ciblant les parents, frères et sœurs des joueurs actuels. C’est le vivier le plus naturel. Une journée portes ouvertes en juin ne doit pas être un simple essai sportif, mais une véritable « expérience club », avec des ateliers de découverte des rôles bénévoles (initiation à l’arbitrage, tenue de la feuille de match, etc.). L’objectif est de montrer que l’on peut vivre sa passion du rugby de multiples façons.
En juillet et août, la communication doit être systématiquement double : « Rejoins l’équipe sur le terrain ET en coulisses ». Chaque publication, chaque affiche doit refléter cette dualité. Organiser des sessions de rencontre avec les bénévoles référents permet de dédramatiser l’engagement et de répondre aux questions concrètes. Enfin, en septembre, l’accueil est crucial. Chaque nouveau, joueur comme bénévole, devrait se voir attribuer un parrain ou une marraine pour faciliter son intégration durant les premières semaines. Cet accompagnement personnalisé fait toute la différence.
La qualité de l’encadrement est un argument de recrutement majeur. Comme le souligne la FFR, plus les éducateurs sont formés, mieux c’est pour la fidélisation des licenciés. Un club qui peut mettre en avant la compétence de son staff technique et la bonne organisation de son équipe de bénévoles projette une image de sérieux et d’ambition qui attire naturellement les nouveaux membres. Synchroniser le recrutement des joueurs et des bénévoles crée une dynamique vertueuse : de bons joueurs attirent de bons encadrants, et un bon encadrement fidélise les joueurs.
À retenir
- Le projet avant le résultat : La survie et l’attractivité d’un club amateur reposent sur des valeurs incarnées et une vision claire, bien plus que sur les victoires du week-end.
- La valorisation surpasse la prime : Investir dans des contreparties non monétaires (formation, réseau, projet de vie) est plus efficace et plus sain pour fidéliser joueurs et bénévoles que le paiement direct.
- Le micro-bénévolat comme clé : Rendre l’engagement accessible par des missions courtes et bien définies permet de mobiliser une base plus large de volontaires, notamment lors des grands événements.
Comment concilier vie de famille, travail et entraînements en série territoriale ?
La principale cause d’érosion du bénévolat n’est pas le manque de passion, mais l’épuisement. En série territoriale, où l’engagement est total, concilier les exigences du club avec une vie de famille et une carrière professionnelle relève souvent de l’héroïsme. La plus grande difficulté, comme le rappelle Joël Tomakplekonou, est la fidélisation face à cette charge mentale. La solution ne réside pas dans des discours de motivation, mais dans une organisation structurelle qui protège le temps et l’énergie des bénévoles.
La première étape est de reconnaître que le bénévolat ne doit pas être synonyme de disponibilité 24/7. Instaurer un « droit à la déconnexion« , avec une règle simple comme « pas de sollicitations après 21h », est un signal fort de respect. De même, la multiplication des interlocuteurs est une source de stress majeure. Désigner un référent unique par pôle (un pour l’école de rugby, un pour la logistique, etc.) canalise la communication et évite que chaque bénévole soit submergé de demandes multiples et contradictoires.
L’idée que chaque poste clé doit être occupé par une seule personne est une erreur. La mise en place de binômes sur les missions critiques (trésorier, secrétaire, responsable EDR) est une bouée de sauvetage. Cela permet de partager la charge, de se remplacer en cas d’imprévu et d’assurer une continuité en cas de départ. L’utilisation d’outils collaboratifs modernes comme Trello pour la gestion de projet, Doodle pour planifier les réunions ou des groupes WhatsApp dédiés à chaque commission fluidifie l’organisation et réduit le besoin de réunions physiques chronophages.
Enfin, il faut déculpabiliser l’absence. Un système de « joker d’absence », où un bénévole peut s’absenter quelques fois dans l’année sans avoir à se justifier, change la perception de l’engagement. Le bénévolat devient moins une contrainte et plus un choix renouvelé. La clé de la conciliation est là : structurer le club pour que l’engagement soit intense mais durable, passionné mais respectueux des équilibres de vie de chacun. Pour cela, le rôle d’un bénévole référent, chargé d’accompagner les nouveaux et de veiller au bien-être de tous, est absolument central.
Pour concrétiser cette vision et bâtir une véritable architecture de l’engagement, l’étape suivante consiste à passer de la réflexion à l’action. Commencez par nommer un « référent bénévoles » au sein de votre comité directeur, une personne dont la mission sera de mettre en œuvre ces principes et de veiller au bien-être de votre capital le plus précieux.