Publié le 15 mars 2024

Contrairement à la croyance d’un entraînement « universel », ignorer le cycle menstruel est une faute stratégique qui expose les athlètes à des blessures et limite leur potentiel.

  • Les fluctuations hormonales modifient directement la biomécanique (laxité ligamentaire) et le métabolisme (besoins en fer), créant des fenêtres de vulnérabilité et d’opportunité.
  • Synchroniser la charge de travail avec les phases du cycle permet de réduire drastiquement le risque de rupture du LCA et de combattre l’anémie chronique.

Recommandation : Cessez d’appliquer des modèles masculins à la physiologie féminine et adoptez une planification basée sur les données hormonales pour débloquer un nouveau palier de performance et de sécurité.

En tant que préparateur physique, vous concevez des programmes millimétrés pour vos athlètes. Vous jonglez avec les charges, les volumes, la récupération. Pourtant, une de vos athlètes stagne, se blesse de manière inexpliquée ou souffre de pics de fatigue abyssaux. La réponse habituelle est souvent de « serrer les dents » ou d’augmenter l’intensité, en partant du principe que la physiologie féminine est une version plus petite de la physiologie masculine. C’est là que réside l’erreur fondamentale.

Le sport de haut niveau a longtemps été construit sur un modèle androgène, ignorant la variable la plus fondamentale de la biologie féminine : le cycle menstruel. Considérer ce cycle comme un simple « inconvénient » mensuel plutôt qu’un plan directeur hormonal est une opportunité manquée. Cette approche ne se contente pas de freiner la performance ; elle expose activement les sportives à des risques accrus de blessures graves, de carences chroniques et de troubles métaboliques.

Mais si la véritable clé n’était pas de subir le cycle, mais de le synchroniser avec l’entraînement ? Et si chaque phase hormonale offrait des opportunités uniques pour le renforcement, la puissance ou l’endurance ? Cet article brise les tabous et vous fournit une feuille de route scientifique. Nous allons décortiquer comment les fluctuations d’œstrogène et de progestérone impactent directement la biomécanique du genou, le métabolisme du fer, et même la tolérance à la charge cardiovasculaire. Vous découvrirez pourquoi une planification qui intègre ces données n’est plus une option, mais une nécessité pour toute préparation physique féminine sérieuse.

Ce guide vous donnera les clés pour transformer votre approche. En naviguant à travers les différentes sections, vous apprendrez à identifier les fenêtres de vulnérabilité et les pics de performance, vous permettant de construire des athlètes plus résilientes, plus fortes et en meilleure santé.

Bassin et genoux : pourquoi les femmes sont plus exposées à la rupture des ligaments (LCA) ?

La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) est l’une des blessures les plus redoutées dans le sport. Pour les athlètes féminines, le risque est de 2 à 8 fois supérieur à celui des hommes. Cette disparité n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe de facteurs anatomiques et, surtout, hormonaux. L’angle Q plus large du bassin féminin crée une contrainte biomécanique accrue sur le genou, mais le véritable chef d’orchestre de cette vulnérabilité est le cycle hormonal. Le pic d’œstrogènes juste avant l’ovulation a un effet direct sur les tissus conjonctifs.

La laxité ligamentaire augmente de 4,7±0,8 mm en phase folliculaire à 5,3±0,7mm au moment de l’ovulation, le pic d’œstrogène étant responsable de cette augmentation.

– Pitchers & Elliot-Sale, Étude sur le cycle menstruel et les blessures sportives

Cette augmentation de la laxité, même minime, transforme le genou en une articulation moins stable, plus sujette aux torsions lors des changements de direction ou des réceptions de sauts. Cette fenêtre de vulnérabilité ovulatoire n’est pas une rumeur, mais un fait documenté. Une analyse sur les footballeuses de haut niveau a révélé que près de 35% des blessures sans contact surviennent durant la phase folliculaire tardive et l’ovulation, une période qui ne représente qu’une fraction du cycle. Ignorer cette donnée revient à programmer des séances de pliométrie intense ou des exercices de changement d’appuis au moment le plus risqué pour l’athlète.

La synchronisation hormonale impose donc de réduire l’intensité des exercices à impact élevé et à changement de direction rapide pendant la phase ovulatoire, au profit d’un travail axé sur la proprioception et le contrôle neuromusculaire.

Fatigue et anémie : comment surveiller le taux de fer chez la sportive ?

Une athlète qui se plaint de fatigue persistante, d’une baisse de performance inexpliquée ou d’un essoufflement rapide n’est pas forcément en sur-entraînement. Elle pourrait souffrir d’une carence en fer, voire d’une anémie ferriprive, un problème bien plus prévalent chez les sportives que chez leurs homologues masculins. La cause est double : les pertes de sang menstruelles et les besoins métaboliques accrus à certaines phases du cycle. On parle ici de dette métabolique : une dépense énergétique et micronutritionnelle qui, si elle n’est pas compensée, s’accumule et mène à la contre-performance.

En effet, le métabolisme de base peut augmenter de 10 à 15% durant la phase lutéale (la deuxième moitié du cycle), augmentant d’autant les besoins énergétiques et en micronutriments, dont le fer, essentiel au transport de l’oxygène. Les pertes menstruelles viennent ensuite creuser ce déficit. Surveiller le taux de fer, et plus spécifiquement la ferritine (les réserves de fer), n’est donc pas une option mais une composante essentielle du suivi. Un taux de ferritine bas, même sans anémie déclarée, est un signal d’alarme qui précède la chute des performances.

Cette approche nutritionnelle ciblée n’est plus de la science-fiction. L’INSEP, dans le cadre de son programme Empow’Her, a développé des solutions concrètes pour les athlètes préparant les JO 2024.

Étude de cas : Le programme Fempower de l’INSEP

En collaboration avec la chercheuse Juliana Antero, l’INSEP a mis au point les barres énergétiques Fempower, spécifiquement conçues pour les athlètes féminines. Enrichies en fer micro-encapsulé (2,4 mg), elles visent à compenser les pertes menstruelles de manière ciblée. Ce projet est le fruit du suivi de 80 athlètes de haut niveau, démontrant que la supplémentation proactive et adaptée au cycle est une stratégie gagnante pour maintenir les niveaux d’énergie et prévenir l’anémie.

La stratégie nutritionnelle doit donc être dynamique et non linéaire, avec une attention particulière portée aux apports en fer pendant et juste après la période menstruelle, comme le détaille cette analyse.

Phases du cycle et besoins nutritionnels en fer
Phase du cycle Besoins en fer Stratégie nutritionnelle
Phase folliculaire (post-règles) Standard Maintien des apports, focus sur la ferritine
Phase ovulatoire Standard Apports réguliers
Phase lutéale tardive Augmentés (+10-15%) Charge préventive en fer héminique + vitamine C
Menstruations Très augmentés Supplémentation renforcée, fer + cofacteurs

Un bilan sanguin régulier incluant la ferritine devrait faire partie intégrante du suivi de toute athlète de compétition, permettant d’ajuster l’alimentation et la supplémentation avant que la fatigue ne s’installe.

Plastrons spécifiques : quel équipement pour amortir les chocs ?

L’équipement sportif est souvent pensé comme unisexe, à l’exception notable des protections génitales masculines. Pourtant, la poitrine féminine est une zone particulièrement sensible aux chocs et aux variations hormonales. Durant la phase lutéale, l’augmentation de la progestérone peut entraîner une sensibilité mammaire accrue (mastodynie) et une augmentation du volume. Un simple choc ou même le frottement d’un équipement mal ajusté peut alors devenir une source de douleur et de déconcentration majeure.

L’utilisation de plastrons ou de brassières de sport à haut maintien n’est pas un luxe mais une nécessité, en particulier dans les sports de contact (rugby, arts martiaux) ou à impacts répétés (course à pied, équitation). Un bon équipement doit remplir une double fonction : amortir les chocs externes et limiter le mouvement excessif du tissu mammaire, qui peut causer des micro-lésions et des douleurs. Les technologies textiles ont fait d’énormes progrès, proposant des matériaux qui allient compression, respirabilité et protection sans coutures irritantes.

Équipement sportif féminin professionnel adapté aux variations du cycle

L’ingénierie de la performance féminine passe aussi par le textile. Comme le montre cette image, les équipements modernes intègrent des zones de compression différenciées et des matériaux techniques qui s’adaptent aux variations du corps. Le choix d’une brassière ou d’un plastron ne doit pas se faire uniquement sur la base de la taille, mais aussi en fonction de l’intensité de l’activité et de la phase du cycle menstruel. Certaines athlètes peuvent avoir besoin d’un niveau de maintien supérieur pendant leur phase prémenstruelle.

En parler ouvertement avec ses athlètes et les encourager à investir dans des équipements spécifiques est une étape simple mais cruciale pour éliminer une source de douleur et d’inconfort qui peut saboter une compétition.

L’erreur de négliger l’alimentation qui mène à l’aménorrhée et aux fractures

Dans certains sports où l’esthétique ou le poids sont des facteurs de performance (gymnastique, danse, endurance), une croyance dangereuse persiste. Elle a été parfaitement résumée par Juliana Antero, chercheuse à l’INSEP :

Dans le sport, il y a une certaine croyance que de ne pas avoir de règles est un gage de performance car on s’entraîne beaucoup !

– Juliana Antero, Projet EMPOW’HER

Cette idée est une bombe à retardement. L’absence de règles, ou aménorrhée, n’est pas un signe de performance ultime, mais le symptôme d’un déficit énergétique sévère. C’est le signal d’alarme de ce que les scientifiques appellent le RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport), ou la « triade de l’athlète féminine ». Ce syndrome interconnecte trois problèmes : un apport énergétique insuffisant (avec ou without trouble du comportement alimentaire), des troubles menstruels (aménorrhée) et une faible densité minérale osseuse (ostéoporose).

Lorsqu’une athlète ne consomme pas assez de calories pour couvrir ses dépenses énergétiques d’entraînement et les fonctions de base de son corps, l’organisme se met en mode « économie d’énergie ». Il coupe les fonctions non vitales à la survie immédiate, dont la reproduction. La production d’œstrogènes chute, ce qui arrête le cycle menstruel. Or, les œstrogènes sont cruciaux pour la santé osseuse. Sans eux, les os se fragilisent, ouvrant la voie à des fractures de fatigue qui peuvent mettre un terme à une carrière.

Un préparateur physique a donc la responsabilité de créer un environnement où la santé prime sur l’esthétique, et d’orienter toute athlète présentant ces symptômes vers un suivi médical et nutritionnel spécialisé. La vraie performance se construit sur la santé, pas à ses dépens.

Quand privilégier le renforcement des ischios pour stabiliser le genou féminin ?

Face au risque accru de blessure du LCA lié à la laxité ligamentaire, le renforcement musculaire devient la première ligne de défense. Les muscles agissent comme des « ligaments actifs » qui stabilisent l’articulation. Chez les femmes, un déséquilibre est souvent observé entre des quadriceps dominants et des ischio-jambiers relativement plus faibles. Ce déséquilibre augmente les forces de cisaillement sur le genou. Un programme de prévention efficace doit donc prioriser le renforcement des ischio-jambiers pour améliorer le contrôle de la décélération et de la rotation.

Mais la question clé est : *quand* programmer ces séances pour un effet maximal ? La science de la synchronisation hormonale nous donne une réponse claire. La première moitié du cycle, la phase folliculaire, est la période la plus propice au développement musculaire. Les niveaux d’œstrogènes, qui ont des propriétés anaboliques, sont en hausse, et le corps est plus apte à construire de la masse musculaire et à récupérer.

Une étude suédoise a confirmé cette fenêtre d’opportunité :

Faire du sport pendant les deux premières semaines du cycle favoriserait un meilleur développement musculaire. Les hormones libérées seraient alors responsables de ces effets.

– Wikström-Frisén (2016), Étude sur l’entraînement et le cycle menstruel

C’est donc durant cette phase qu’il faut intensifier le travail de renforcement spécifique des ischio-jambiers, avec des exercices comme le Nordic Hamstring Curl, le soulevé de terre roumain ou les extensions de hanche.

Séance de renforcement des ischio-jambiers en phase folliculaire

Planifier les cycles de force en fonction du cycle menstruel n’est pas un détail, c’est une stratégie d’optimisation qui permet de maximiser les gains tout en construisant une armure musculaire protectrice pour les périodes de plus grande vulnérabilité ligamentaire.

Jusqu’à quel âge la mixité est-elle bénéfique pour la progression des filles ?

La mixité dans le sport chez les jeunes est souvent perçue comme un levier de progression et d’intégration sociale. Elle permet aux filles de se confronter à des niveaux d’intensité parfois plus élevés et de développer leur confiance. Cependant, il existe un point de bascule physiologique majeur qui remet en question les bénéfices d’une mixité non encadrée : la puberté. L’arrivée des premiers cycles menstruels et les changements morphologiques qui l’accompagnent créent de nouvelles réalités biomécaniques et psychologiques.

Le problème fondamental est le manque de connaissances des encadrants. Le sport a été historiquement étudié et structuré autour de la physiologie masculine. Un constat alarmant est que moins de 10% des études en sciences du sport portent spécifiquement sur les femmes. Ce déficit de savoir se répercute directement sur le terrain, où les entraîneurs continuent d’appliquer les mêmes méthodes à des corps qui évoluent différemment.

Étude de cas : L’initiative de l’Institut National du Sport du Québec

Face à ce constat, l’INS Québec et l’organisme Égale Action ont collaboré pour créer une brochure éducative sur la physiologie des sportives. François Bieuzen, directeur des sciences du sport, y souligne que la puberté marque un tournant qui exige une individualisation de l’entraînement. Maintenir une mixité bénéfique après cet âge impose de former les coachs aux spécificités du cycle menstruel, à la prévention des blessures comme la rupture du LCA, et à la gestion des aspects psychologiques liés à l’image corporelle.

Si l’environnement n’est pas préparé à gérer l’apparition des règles, les douleurs associées ou la gêne de s’entraîner avec des garçons, la mixité peut se transformer en un facteur d’abandon. L’adolescente peut se sentir en décalage, moins performante, et finir par délaisser une activité qu’elle aimait. La mixité reste bénéfique tant que l’encadrement est suffisamment éduqué pour adapter les charges, le discours et l’environnement aux besoins spécifiques des jeunes filles en pleine transformation.

Le véritable enjeu est de former les éducateurs sportifs pour qu’ils puissent accompagner cette transition, assurant que la pratique sportive reste une source d’épanouissement pour toutes et tous.

Quand changer son protège-dents : les signes d’usure invisibles

Le protège-dents est un équipement de protection individuelle (EPI) essentiel dans de nombreux sports. On pense souvent à le changer lorsqu’il est visiblement endommagé. Pourtant, pour une athlète féminine, la décision de le porter ou non, et son efficacité, peuvent être influencées par des facteurs invisibles liés au cycle menstruel. La douleur et l’inflammation systémique de la phase prémenstruelle (SPM) peuvent rendre le port de tout équipement ajusté, y compris un protège-dents, particulièrement inconfortable.

Les fluctuations hormonales peuvent provoquer une gingivite hormonale, rendant les gencives plus sensibles, gonflées et sujettes aux saignements. Un protège-dents, même thermoformé, peut alors créer des points de pression douloureux et devenir une source d’irritation. L’intensité de la douleur que peuvent ressentir les athlètes est souvent sous-estimée par l’encadrement, comme le montre ce témoignage édifiant sur une athlète de haut niveau :

Une coéquipière de l’équipe de France de basket-ball souffrait tellement que, malgré les comprimés antidouleur, elle était à terre. Des filles sportives de haut-niveau en danse sur glace déclarent avoir été incapables de patiner malgré l’ibuprofène.

Témoignage rapporté dans le cadre d’études sur le SPM

Face à une telle douleur systémique, la gêne locale d’un protège-dents peut sembler insurmontable, poussant l’athlète à s’en passer et à s’exposer à des risques de traumatismes dentaires ou de commotions. De plus, un protège-dents qui a subi des micro-déformations ou une usure du matériau ne répartit plus les chocs correctement, même si son apparence est intacte. Il est donc crucial de l’inspecter régulièrement, mais aussi d’être à l’écoute des sensations de l’athlète. Un protège-dents devenu subitement inconfortable peut être le signe d’une inflammation gingivale cyclique.

Un suivi régulier chez un dentiste du sport et un dialogue ouvert sur ces inconforts cycliques sont essentiels pour garantir une protection optimale et sans compromis.

À retenir

  • Risque biomécanique : La laxité ligamentaire induite par les œstrogènes en phase ovulatoire est un facteur de risque quantifiable pour les blessures du LCA, imposant une adaptation des entraînements à impact.
  • Gestion métabolique : La surveillance de la ferritine est non-négociable pour prévenir l’anémie et la dette métabolique, surtout en phase lutéale où les besoins énergétiques augmentent.
  • Fenêtre anabolique : La phase folliculaire (post-règles) est une opportunité en or pour la prise de force et le développement musculaire, notamment pour renforcer les ischio-jambiers et stabiliser le genou.

VMA ou fartlek : quelle méthode cardio privilégier pour le rugby ?

Au rugby, comme dans beaucoup de sports intermittents, le développement des qualités cardiovasculaires est primordial. Les deux méthodes reines sont souvent la VMA (Vitesse Maximale Aérobie) avec des efforts calibrés et le Fartlek, plus libre et basé sur les sensations. Pour un préparateur physique travaillant avec une équipe féminine, la question n’est pas « laquelle est la meilleure ? », mais « laquelle est la plus pertinente, et à quel moment du cycle ? ». Appliquer le même type de séance tout au long du mois est une erreur qui ignore la réalité physiologique des athlètes.

La phase lutéale tardive (juste avant les règles) et la phase menstruelle sont des périodes où la performance peut être significativement affectée. Les symptômes du syndrome prémenstruel (fatigue, crampes, rétention d’eau) et l’inflammation peuvent rendre les séances très structurées et intenses comme la VMA particulièrement difficiles à tenir, tant physiquement que mentalement. Les données sont claires : entre 49% et 65% des sportives rapportent une baisse de performance en compétition durant ces phases. Imposer un 30/30 rigoureux à une joueuse en pleine douleur prémenstruelle est contre-productif.

La solution réside dans la flexibilité. La phase folliculaire et ovulatoire, où l’énergie et la tolérance à la douleur sont plus élevées, est idéale pour les séances de VMA et de sprints répétés. En revanche, la phase lutéale appelle à plus de souplesse. Le Fartlek devient alors un outil formidable : il permet de travailler à haute intensité, mais en laissant l’athlète moduler l’effort selon ses sensations du jour. C’est l’outil parfait pour maintenir la charge cardiovasculaire tout en respectant les fluctuations du corps.

Votre feuille de route pratique : Planification du cardio pour le rugby

  1. Semaines 1-2 (phase folliculaire) : C’est la période pour le travail de VMA et les sprints répétés. La tolérance à la douleur et à la charge est à son maximum. Planifiez vos séances les plus exigeantes ici.
  2. Phase pré et post-ovulatoire : Maintenez les entraînements de haute intensité. Le corps est physiologiquement à son pic pour la performance explosive.
  3. Semaines 3-4 (phase lutéale) : Privilégiez le Fartlek. Il offre la flexibilité nécessaire pour s’adapter aux sensations fluctuantes (fatigue, lourdeur) tout en maintenant un stimulus cardiovasculaire.
  4. Phase prémenstruelle/menstruelle : Réduisez l’intensité globale. Remplacez une séance de fractionné intense par un travail d’endurance de jeu à intensité modérée ou une séance de récupération active.

Pour passer de la théorie à la pratique, l’étape suivante consiste à ouvrir le dialogue avec vos athlètes et à commencer à tracker leurs cycles pour construire un plan de charge véritablement individualisé et synchronisé. C’est là que se trouve le prochain niveau de performance.

Rédigé par Sophie Lacroix, Kinésithérapeute du sport et préparatrice physique (Master STAPS), experte en traumatologie du rugby et réathlétisation. Elle accompagne les joueurs dans la prévention des blessures, la nutrition et la préparation physique spécifique aux sports de combat collectif.